Arts Martiaux : Qui combatons nous ?



Le combat intérieur :

 

Le subconscient, parfois appelé l’enfant intérieur, peut soit être un puissant allié, source d'intuition et de sagesse innée, soit être source d'illusion, ne nous permettant de voir le monde que par le filtre de notre mémoire et de nos expériences passées.

 

Tous nos souvenirs et traumatismes sont enregistrés dans nos mémoires, consciente et inconsciente, et bien qu’ils s'effacent petit à petit de la première, ils laissent des traces indélébiles dans la seconde. Ainsi, même accepté intellectuellement mais réglé superficiellement, un problème refera surface de manière cyclique (maladie, allergie, déprime, etc.) tant qu'il ne sera pas traité en profondeur. Plus le traumatisme a eu lieu jeune, plus il est ancré dans notre subconscient. Etant la partie la plus peureuse de nous-même, liée à la survie et à l'instinct de conservation de l’espèce, le subconscient préfère ne pas évoluer plutôt que de nous faire prendre le moindre risque.

 

C'est pour cette raison que le Bouddhisme décrit le monde comme illusoire ; non pas qu'il n'existe pas, mais notre perception du monde est une illusion. Nous ne voyons pas les choses qui nous entourent comme elles sont réellement, mais par le filtre de notre intellect, en rapport aux souvenirs qu'elles évoquent et à ce qu'ils réveillent en nous. Tout comme nos attentes (notre futur) sont guidées par nos expériences passées et nous déconnectent du moment présent.

 

Dans les arts martiaux, face à un adversaire ou un agresseur, nous avons à faire face non seulement au danger présent, mais aussi, et surtout, à ce que cette situation évoque pour notre subconscient. Notre enfant intérieur devient pour nous un ennemi plus dangereux que l'adversaire en lui-même, et notre vision de la réalité s'efface pour l'illusion de nos blocages passés.

 

C’est ainsi que les textes anciens et modernes sur la Voie du Guerrier nous parlent tous sans exception du combat contre nous même et de la notion de Mushin (la « non pensée ») ; afin de vaincre ces peurs passées et de se libérer de l’emprise du subconscient sur l’intellect. Lorsque l’intellect se tait, le mental est apaisé, les connections d’avec le passé s’estompent de notre vision présente, et l’Être Humain accède alors à se qu il croit faussement posséder dès sa naissance : Le libre arbitre.