Posture et santé



La posture d’une personne nous en dit long sur son état de santé, son état psychologique ainsi que sur les traumatismes de son enfance, de sa naissance ou des 9 mois passés dans le ventre de sa mère.

Il n’est pas question de faire ici un cours de biomécanique ou d’ostéopathie, mais seulement de donner quelques conseils qu’il me semble fondamental d’intégrer dans sa vie de tous les jours, comme dans la pratique des arts martiaux :

 

- Les 10 orteils doivent toucher le sol (ce qui n’est pas toujours le cas chez l’Homme moderne, à cause des chaussures, portées dès les premiers mois de la vie).

Il est facile de les corriger, en marchant pieds nus le plus souvent possible et en répartissant le poids du corps (sa masse) entre les 10 orteils et le talon. Un mauvais positionnement au niveau des pieds entraîne inexorablement des tractions ligamentaires anormales, provoquant des compensations, une modification de l'équilibre biomécanique, des faiblesses articulaires et musculaires, des torsions et pincements au niveau de la colonne vertébrale et des disques intervertébraux, une compression des terminaisons nerveuses, etc. 

Il faut visualiser les pieds comme étant deux triangles dont les bases seraient les orteils et les sommets les deux talons. Les trois pointes de chaque triangle (le gros orteil, le petit et le talon) doivent être posées au sol pour être en équilibre. Si l'une des trois n'est pas bien placée, l'équilibre est rompu.

 

- Les genoux et les orteils doivent aller dans la même direction. Il faut se tenir droit, afin de ne pas imposer une pression trop importante aux genoux et éviter de les verrouiller. Des cuisses trop musclées et peu souples vont tirer la rotule et le tendon rotulien vers le haut et ainsi entraîner des douleurs inexpliquées dans toute la région du genou.

 

- Le bassin légèrement basculé vers l’avant et vers le haut de façon à éviter une cambrure excessive.

 

- La colonne vertébrale droite, en respectant ses courbures naturelles sans les exagérer.

 

- Tirer le sommet du crâne vers le haut et rentrer légèrement le menton de manière à réduire le creux cervical et ainsi aligner la tête avec le reste du corps.

 

J'insiste sur le mot « posture » car la posture est pour moi l'opposé d'une « position » statique, figée. Beaucoup de pratiquants d’arts martiaux passent énormément de temps à corriger leurs positions. C'est illusoire, car il n’y a pas de position en combat. Le combat est un chaos de pur mouvement, continu, ininterrompu, fluide. Travailler les postures pour construire le corps est important, mais il faudra tôt ou tard les lâcher afin de rentrer dans l’univers du mouvement et de l’intuition. Plus de position compliquée, plus d’arrêt ni de blocage où une articulation pourrait souffrir et donc moins de risque de blessure.

Corriger sa posture permet de résoudre d'un coup la plupart des petites douleurs mystérieuses de la vie de tous les jours, ainsi que les problèmes ostéo-articulaires rencontrés lors de la pratique d'un art martial.

 

Les professeurs d'arts martiaux et de sport en général, doivent insister sur la posture juste de chaque individu, ainsi que sur les exercices de chaînes musculaires et articulaires, qui permettent des étirements plus complets que le stretching classique. Beaucoup d'erreurs se sont glissées dans les étirements des cours d'arts martiaux classiques, et il est de notre devoir, en tant qu’enseignants, de rencontrer, discuter, et échanger avec des kinésithérapeutes, des ostéopathes et tout autre spécialiste du mouvement, afin de corriger nos cours ; tout professeur d'arts martiaux qui cherche à se perfectionner devrait aller vers de telles personnes afin de protéger sa santé et celles de ses élèves.